
La dépression demeure un sujet encore mal compris dans la société sud-kivutienne. Lors d’un micro-trottoir réalisé par Afia Plus à Bukavu et dans certaines zones rurales de la province, plusieurs personnes interrogées affirment que la dépression serait un jargon nouveau, étranger aux réalités locales. Pour d’autres, elle se limite à un simple état de stress ou de fatigue passagère.
Afin d’éclairer l’opinion, AfiaPlus a approché le psychologue clinicien Idris Baninde. Celui-ci rappelle que la dépression est un trouble mental à part entière, caractérisé par une baisse importante de l’énergie physique et mentale.
« La dépression ne se résume pas au stress. C’est un trouble mental qui affecte profondément le fonctionnement émotionnel, physique et social de la personne », explique-t-il.
Le spécialiste précise que les signes annonciateurs de la dépression comprennent notamment un manque de motivation, la perte d’intérêt ou de plaisir pour des activités autrefois appréciées, des troubles du sommeil — comme l’insomnie ou l’hypersomnie —, une diminution de l’appétit, l’isolement social ainsi que le repli sur soi.
Selon Idris Baninde, les causes de la dépression sont multiples et souvent liées au vécu de la personne. Elles peuvent inclure la maltraitance infantile, l’exposition à des événements traumatiques, le harcèlement, les violences basées sur le genre, les conflits conjugaux, les déceptions amoureuses chez les jeunes, mais aussi les préjugés, la stigmatisation, la pauvreté ou certaines maladies chroniques.
« Toute personne peut souffrir de dépression lorsqu’elle est confrontée à des situations difficiles et qu’elle n’arrive plus à y faire face seule », souligne le psychologue clinicien.
Face à cette réalité, le spécialiste indique qu’il est possible d’agir. Il encourage les personnes concernées à prendre le temps d’écouter leurs émotions, à les accepter et à les exprimer. Il recommande également de maintenir certaines habitudes quotidiennes, telles qu’un sommeil régulier, une bonne hygiène de vie, une alimentation équilibrée, une activité physique légère ou encore le maintien des liens sociaux.
« Parler à quelqu’un qui écoute sans juger est déjà une étape importante vers la guérison », insiste-t-il.
Enfin, Idris Baninde rappelle que lorsque les symptômes persistent ou s’aggravent, il est essentiel de briser le silence et de consulter un professionnel de la santé mentale, notamment un psychologue ou un psychiatre, tout en étant disposé à s’engager dans le processus thérapeutique.
À travers cet éclairage, AfiaPlus entend contribuer à la démystification de la dépression et à la promotion de la santé mentale au Sud-Kivu.
Prosper Mulonda



